
La vesce commune appartient à la famille des légumineuses (Fabaceae) et est originaire du bassin méditerranéen. Dans nos jardins, elle est surtout connue et appréciée comme plante d'engrais vert. De minuscules bactéries fixatrices d'azote vivent sur ses racines et captent l'azote directement dans l'air pour le rendre disponible dans le sol.
Cette plante annuelle grimpe de 30 à 100 cm de haut grâce à ses feuilles pennées. De juin à octobre, elle produit de jolies fleurs papilionacées pourpres à violettes, très appréciées des abeilles et des bourdons. Comme engrais vert, elle recouvre rapidement et efficacement les parcelles laissées libres, ameublit les sols compactés grâce à son système racinaire et étouffe les mauvaises herbes. Après avoir gelé en automne, elle reste en place comme couche de paillage naturel, ou tu peux l'enfouir en pleine floraison pour que les nutriments profitent aux cultures suivantes.
Au potager en culture associée, la vesce commune joue un rôle particulier : on ne la mange pas, mais elle travaille pour la fertilité du sol. Entre les petits fruits comme les groseilliers ou les mûriers, elle convient aussi comme couverture de sol, protégeant la terre tout en apportant de l'azote.
Chiffres et données
Vesce commune: périodes de plantation et de récolte
Semis direct de Début Avril à Fin Août.
Semer Vesce commune
La vesce commune se sème toujours directement en pleine terre. Pas besoin de la démarrer en intérieur, et pour un engrais vert ce ne serait de toute façon pas judicieux. Répartis les graines à la volée sur la surface, puis incorpore-les au râteau à environ 2 à 5 cm de profondeur. Compte environ 10 à 12 g de semences par mètre carré.
Tu peux semer d'avril à août, avec cette règle simple : sème dès qu'une parcelle se libère et qu'il reste encore au moins 8 à 10 semaines avant les premières gelées. Au printemps, attention aux gelées tardives si tu sèmes tôt, car la vesce commune n'est pas rustique. La germination démarre dès 2 °C environ, la température optimale se situe entre 8 et 15 °C. Avec une humidité du sol régulière, les premiers semis apparaissent après 7 à 14 jours.
Le semis en mélange avec d'autres engrais verts fonctionne particulièrement bien. Si tu sèmes la vesce avec un partenaire comme la phacélie ou la moutarde, réduis la quantité de semences de chaque espèce à 60 à 70 pour cent de la dose normale.
Emplacement et sol
La vesce commune est vraiment peu exigeante quant à son emplacement. Elle se plaît le mieux en plein soleil, mais s'accommode aussi d'une légère mi-ombre. Côté sol, elle n'est guère difficile : les sols argilo-calcaires moyens à lourds sont idéaux, mais les sols sableux fonctionnent aussi, même s'ils produisent moins de masse végétale.
En tant que légumineuse, la vesce commune se fournit elle-même en azote grâce à ses bactéries nodulaires. Un apport d'engrais supplémentaire n'est pas seulement inutile, il est même contre-productif car il perturberait la symbiose avec les bactéries. Évite l'eau stagnante, sinon cette plante est vraiment sans souci.
Vesce commune: bons et mauvais voisins
La phacélie est une excellente partenaire pour la vesce commune. Les deux se complètent à merveille : tandis que la vesce enrichit le sol en azote, la phacélie ameublit les couches profondes du sol avec ses racines. Ensemble, elles forment aussi un superbe pâturage pour les abeilles. Veille juste à ne pas semer trop dense, sinon la phacélie risque d'étouffer la vesce.
La moutarde, associée à la vesce commune, assure une couverture rapide du sol et aide à lutter contre les nématodes. Par contre, ne choisis pas ce mélange si tu prévois de cultiver des choux ou d'autres crucifères ensuite sur la parcelle. Les tournesols offrent un support aux vesces grimpantes et attirent de nombreux insectes.
La vesce commune ne s'entend pas bien avec les autres légumineuses. Pois, haricots nains, haricots à rames et féveroles appartiennent à la même famille et partagent les mêmes agents pathogènes et ravageurs. Les cultiver ensemble n'apporte aucun avantage supplémentaire en azote et ne fait qu'augmenter la pression des maladies.
Vesce commune: prédécesseurs et successeurs
La vesce commune est une culture précédente tout simplement idéale pour les plantes gourmandes. Les choux comme le chou blanc, le brocoli, le chou rouge et le chou frisé profitent le plus de l'azote fixé et de la structure améliorée du sol. Les pommes de terre poussent aussi nettement mieux sur une parcelle préalablement couverte de vesce commune. Tomates, poivrons, courges et courgettes, autres plantes gourmandes, valorisent également très bien l'azote accumulé.
Tu peux utiliser la vesce commune après pratiquement toutes les cultures non-légumineuses. Elle s'intègre particulièrement bien après les choux, dont le sol fortement sollicité bénéficie de l'enrichissement en azote et de l'ameublissement par les racines. Après les pommes de terre ou les solanacées comme les tomates, elle constitue aussi un bon choix pour régénérer le sol.
Évite de cultiver la vesce commune après d'autres légumineuses comme les pois ou les haricots, car des agents pathogènes spécifiques peuvent s'être accumulés dans le sol. Le trèfle rouge ne devrait pas non plus suivre directement la vesce commune. Laisse au moins 3 à 4 ans de pause entre deux cultures de vesce commune sur la même parcelle.
Variétés
Au jardin amateur, la vesce commune est généralement vendue comme simple semence d'engrais vert, sans nom de variété. La variété 'Ebena' est très répandue en agriculture et se distingue par sa croissance rapide et ses larges feuilles qui couvrent vite le sol. Elle s'adapte bien aux sols plus légers et gèle de façon fiable en hiver. Pour l'engrais vert au jardin, un choix précis de variété n'est généralement pas nécessaire.
Entretien et fertilisation
La vesce commune se fournit elle-même en azote et n'a normalement plus besoin d'attention une fois levée. Pendant la phase juvénile, un peu d'eau aide en cas de sécheresse prolongée, mais ensuite elle se contente des précipitations naturelles.
Le bon moment pour l'enfouir est décisif. Quand les plantes sont en pleine floraison et commencent juste à former des gousses, la teneur en azote est la plus élevée. À ce stade, fauche les plantes, laisse la matière quelques jours comme couche de paillage, puis incorpore-la dans le sol sur 5 à 10 cm de profondeur. Attends ensuite au moins 2 à 3 semaines avant de planter la culture suivante.
Très important : ne laisse pas les plantes monter en graines ! Sinon, l'année suivante, des vesces pousseront partout de manière incontrôlée, et les tiges deviennent ligneuses et se décomposent très lentement. Pour un semis d'automne qu'on n'enfouit pas avant l'hiver, les plantes gèlent aux premières fortes gelées et restent en place comme paillis naturel. Au printemps, il suffit de ratisser légèrement les restes.
Maladies et ravageurs
Comme la vesce commune sert presque exclusivement d'engrais vert au jardin et qu'on l'enfouit avant la maturité des graines, les maladies et les ravageurs posent rarement un vrai problème. Des attaques peuvent toutefois survenir.
Les pucerons (Aphidoidea) sont les visiteurs les plus fréquents. Ils sucent la sève aux extrémités des pousses, ce qui se manifeste par des feuilles enroulées. La plupart du temps, il suffit de favoriser les prédateurs naturels comme les coccinelles et les larves de chrysopes. En cas d'attaque plus importante, un purin d'ortie fait l'affaire. La rouille de la vesce (Uromyces viciae-fabae) se manifeste par des pustules brun-orangé sur les feuilles et les tiges, surtout par temps chaud et humide. Une bonne rotation des cultures avec au moins 3 à 4 ans de pause entre les légumineuses est la meilleure prévention. L'anthracnose (Ascochyta spp.) peut aussi apparaître par temps frais et humide, reconnaissable à des taches sombres et enfoncées sur les tiges et les gousses.
Récolte et transformation
En tant que plante d'engrais vert, la vesce commune n'est normalement pas récoltée mais fauchée en pleine floraison et incorporée au sol. Les graines de la vesce commune sont en principe comestibles, mais elles contiennent des alcaloïdes légèrement toxiques à l'état cru. Pour les consommer, il faut toujours bien les faire tremper et les cuire suffisamment, un peu comme les lentilles. Au jardin, cette utilisation ne joue cependant pratiquement aucun rôle.
Ouvrir le plan de planche 7 jours d'essai gratuit, web, iOS et Android
