Le physalis est originaire des hauts plateaux des Andes sud-américaines et appartient à la famille des solanacées. C'est donc un proche parent de la tomate, du poivron et de la pomme de terre. Dans son pays d'origine, il pousse en arbuste vivace, mais chez nous on le cultive généralement en annuel à cause de sa sensibilité au gel. Si tu veux, tu peux le déterrer avant les premières gelées et le faire hiverner à l'abri du froid. Le nom botanique Physalis vient du mot grec signifiant « vessie » et décrit l'enveloppe papyracée qui entoure chaque fruit comme une petite lanterne. Cette enveloppe n'est pas seulement jolie à regarder, elle protège aussi naturellement la baie des ravageurs et des intempéries. La saveur des fruits mûrs est unique, à la fois douce et acidulée, quelque part entre la groseille à maquereau, le kiwi et une pointe d'ananas. La plante est arrivée en Europe à la fin du XVIIIe siècle, d'abord comme plante ornementale. Via l'Afrique du Sud, où elle s'est tellement plu au Cap qu'elle y a reçu le nom de « groseille du Cap », elle a trouvé le chemin de nos jardins. Les fruits cultivés à la maison ont un goût nettement plus parfumé que ceux du supermarché, souvent récoltés avant maturité. Toutes les parties vertes de la plante et les fruits non mûrs sont légèrement toxiques et peuvent provoquer des nausées et des crampes abdominales.
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Chiffres et données
Physalis: périodes de plantation et de récolte
Repiquage de Mi Mai à Mi Juin. Pré-culture environ 90 jours avant le repiquage, approximativement entre Mi Février et Mi Mars. Après une période de culture de 200 jours, la récolte peut commencer vers Mi Août et se poursuit jusqu'à Fin Octobre.
Planter Physalis
Le physalis a besoin d'une longue période de végétation, un semis en intérieur est donc indispensable. Le semis direct en pleine terre ne fonctionne pas sous notre climat. De mi-février à mi-mars, sème les graines à environ 0,5 cm de profondeur dans un terreau de semis pauvre en nutriments. À des températures de 20 à 25 °C, la germination prend 7 à 21 jours, selon la variété et les conditions. Si tu n'as pas de lampe horticole, ne commence pas avant mi-février, sinon les plantules s'étiolent.
Après trois à quatre semaines environ, repique les jeunes plants dans des pots plus grands. La croissance est lente au début, alors pas de panique si ça prend du temps. Tu ne peux les installer en pleine terre qu'après les saints de glace, mi-mai, quand il n'y a plus de risque de gel. Avant cela, sors-les en journée dans un endroit abrité pour les endurcir progressivement.
Lors de la plantation, laisse 80 cm d'espace dans toutes les directions, car le physalis devient bien touffu. Tu peux l'enterrer un peu plus profondément que dans le pot : la tige enterrée produira des racines supplémentaires. Si tu veux garder la plante plusieurs années, déterre-la en octobre avant les gelées et fais-la hiverner dans un endroit lumineux à 10-15 °C. Taille les tiges de moitié au préalable. L'année suivante, la plante hivernée fructifie nettement plus tôt et plus abondamment.
Emplacement et sol
Le physalis adore le soleil, et en grande quantité. Il lui faut au moins six à huit heures d'ensoleillement direct par jour pour que les fruits deviennent bien sucrés et parfumés. Un emplacement abrité du vent, par exemple devant un mur ou une haie, est idéal car les tiges sont assez cassantes.
Côté sol, le physalis se montre étonnamment facile. Il doit être meuble et bien drainé – les sols sableux donnent souvent les meilleurs résultats. L'eau stagnante est la seule chose qu'il ne supporte pas. Un sol légèrement acide lui convient le mieux. Un sol fraîchement amendé est d'ailleurs contre-productif : trop de nutriments stimulent la croissance du feuillage mais freinent la fructification.
Le physalis convient aussi très bien au balcon et à la terrasse. Le contenant doit avoir une capacité d'au moins 15 à 20 litres, idéalement 30 à 40 litres. Une couche de drainage au fond du pot est indispensable pour éviter que l'eau ne stagne.
Physalis: bons et mauvais voisins
Les haricots nains et les haricots à rames comptent parmi les meilleurs voisins du physalis. En tant que légumineuses, ils fixent l'azote de l'air et enrichissent le sol – le physalis, peu gourmand, en profite sans entrer en compétition pour les nutriments. Les épinards et la mâche occupent parfaitement l'espace entre les plants comme couvre-sol et maintiennent la terre humide sans gêner le physalis.
Les oignons et l'ail sont aussi des partenaires bienvenus. Leurs odeurs prononcées repoussent les pucerons, ce qui est toujours un atout avec les solanacées. Les soucis et les œillets d'Inde plantés à proximité tiennent les nématodes à distance grâce à leurs sécrétions racinaires, et leurs fleurs attirent les pollinisateurs.
Tiens le physalis à l'écart de toutes les autres solanacées. Les tomates sont le pire voisin possible, car elles partagent les mêmes ravageurs et agents pathogènes. C'est pareil pour les pommes de terre, les poivrons, les piments et les aubergines. Les concombres ne sont pas non plus un bon choix, car ils se font concurrence pour l'eau et les nutriments, et l'oïdium se propage plus facilement.
Physalis: prédécesseurs et successeurs
Comme pour toutes les solanacées, il faut respecter une pause d'au moins trois à quatre ans avant de replanter du physalis au même endroit. Cela inclut aussi les tomates, les poivrons, les pommes de terre et les aubergines, car les champignons pathogènes et les nématodes persistent dans le sol et peuvent attaquer immédiatement la culture apparentée suivante.
Les pois et les haricots sont les meilleurs précédents. Ils laissent un sol riche en azote qui offre au physalis un bon départ sans apport d'engrais supplémentaire. Les laitues, les épinards et les choux conviennent aussi, car ils sollicitent peu le sol et n'apportent pas de maladies communes.
Comme successeurs après le physalis, les haricots et les pois reconstituent les réserves d'azote. Les laitues et les légumes-racines comme les carottes ou les betteraves complètent bien la rotation. Les choux peuvent aussi suivre, mais ils auront besoin d'un apport de compost.
Variétés
Le choix de variétés s'est bien élargi ces dernières années. 'Schönbrunner Gold' est le grand classique dans les pays germanophones : variété fixée, à gros fruits et particulièrement aromatique, avec un goût qui rappelle le kiwi et la groseille à maquereau. Les plants peuvent atteindre deux mètres de haut et ont besoin de pas mal de place. Pour les petits jardins ou le balcon, 'Little Lanterns' vaut le détour – une variété compacte au port retombant, parfaite pour la culture en pot ou en suspension.
Si tu jardines dans une région fraîche avec des étés courts, choisis de préférence des variétés précoces comme 'Preciosa'. Elle reste assez compacte avec environ 80 cm de hauteur et donne des fruits jaune doré dès la mi-août. Dans les endroits bien abrités et chauds, tu peux sans hésiter opter pour 'Schönbrunner Gold', plus aromatique mais plus tardive.
Entretien et fertilisation
Le physalis demande peu d'entretien si tu respectes quelques règles de base. Arrose régulièrement et de façon homogène, surtout pendant la floraison et la fructification. Arrose de préférence au pied, pas sur le feuillage, pour éviter les maladies fongiques. Par temps chaud et ensoleillé en été, un arrosage quotidien peut s'avérer nécessaire.
Une couche de paillage autour des plants maintient l'humidité dans le sol et régule la température. Pour la fertilisation : moins c'est mieux. Le physalis est moyennement gourmand – un apport modéré de compost à la plantation suffit souvent amplement. Trop d'engrais donne un beau feuillage mais moins de fruits. En pot, tu peux apporter un peu d'engrais liquide organique en juillet.
Tuteurer le physalis est souvent judicieux, car les tiges cassent facilement, surtout quand elles sont chargées de fruits ou par temps venteux. Installe des tuteurs en bambou ou un treillis assez tôt. L'ébourgeonnage n'est pas indispensable, mais tu peux retirer les tiges trop denses ou proches du sol pour favoriser la circulation de l'air.
Maladies et ravageurs
Le physalis est une plante robuste dans l'ensemble. Son calice naturel en forme de lanterne protège les fruits de nombreux ravageurs. Quelques indésirables tentent quand même leur chance.
Contre les pucerons (Aphidoidea), les coccinelles, les syrphes et les chrysopes sont de bons alliés. En cas d'infestation légère, tu peux les rincer à l'eau ou utiliser de l'extrait de neem. Des oignons et de l'ail plantés à proximité ont un effet préventif.
La mouche blanche (Trialeurodes vaporariorum) pose surtout problème sous serre. Une bonne aération et un espacement suffisant entre les plants aident à la prévenir, tandis que les pièges jaunes collants et les guêpes parasites interviennent en cas d'infestation. Les acariens (Tetranychidae) apparaissent par temps chaud et sec et se trahissent par de fines toiles sous les feuilles.
La pourriture grise (Botrytis cinerea) peut s'attaquer aux fruits par temps humide et quand les plants sont trop serrés. L'oïdium se manifeste par un dépôt blanchâtre et farineux sur les feuilles. Contre ces deux maladies fongiques, un emplacement ensoleillé et aéré, un espacement suffisant, une rotation des cultures rigoureuse et un arrosage au pied font la plus grande différence. Des soucis et des œillets d'Inde plantés à proximité favorisent la santé du sol. Retire immédiatement les parties atteintes et ne les mets pas au compost.
Récolte et transformation
De fin août jusqu'aux premières gelées d'automne, tu peux récolter les physalis. Les fruits mûrissent en continu, ce qui étale la récolte sur plusieurs semaines jusqu'en octobre. Un fruit est mûr quand son enveloppe est complètement sèche et crisse comme du papier. La baie jaune doré brille alors à travers l'enveloppe. Encore plus simple : les fruits bien mûrs tombent tout seuls – profites-en. Avant de les manger, retire la baie de son enveloppe et rince-la brièvement, car la surface est légèrement collante. Conservés dans leur enveloppe, au frais et au sec entre 10 et 15 °C, les fruits se gardent étonnamment longtemps, souvent plusieurs semaines.
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